Philippe Cazal est né en 1948 à La Redorte. Il vit et travaille à Paris et à La Roche (Condom).
Diplômé de l'École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris en 1973, Philippe Cazal a développé sa pratique artistique en détournant les codes du monde de la publicité et de la création de produits. Ses oeuvres élaborent un discours critique sur la ville, la politique, l'économie et la société mais aussi sur la place qu'y occupe l'artiste.
En 1975, Philippe Cazal crée avec Jean-Paul Albinet et Alain Snyers le groupe UNTEL ; ce collectif se propose d'examiner notre quotidien et sa banalité ainsi que l'espace public dans une série d'actions et de performances, souvent exécutées dans la rue, invitant le public à repenser le monde. Lors de la Biennale de Paris de 1977, ils investissent le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris avec Vie quotidienne, environnement de type grand magasin où plus de deux-mille-cinq-cent objets du quotidien sont présentés sous vide. En prenant pour cible le consumérisme, ce faux libre-service interroge les habitudes du public tout autant que leur environnement visuel ordinaire.
Après la fin des activités d'UNTEL en 1980, Philippe Cazal poursuit son analyse critique de la société tout en décidant de radicaliser encore sa pratique. C'est en 1984 qu'il déclare être un « artiste publicitaire » en transformant son nom en logo (1985) à la manière d'une « image de marque ». L'art de Philippe Cazal se rapproche dès lors d'une entreprise publicitaire, à laquelle il emprunte certains concepts et procédés de promotion. Il décline alors son travail sur divers supports (enseignes, objets, affiches, adhésifs) adoptant les outils de communication du marketing. L'oeuvre photographique De plus en plus de gens apprécient l'art moderne, nous aussi (1985) joue de cette ambiguïté en proposant une image qui, si elle emprunte à la publicité ses codes habituels (slogans percutants, poses recherchées, formats multiples), n'en demeure pas moins férocement ironique et critique. Élément fondamental de l'histoire de l'art, la signature de l'artiste occupe une place prépondérante dans l'oeuvre de Philippe Cazal. La sienne, dont la charte graphique a été élaborée avec l'aide d'une agence publicitaire, est apposée sur ses travaux tout en faisant également oeuvre, comme avec sa sculpture en forme de parallélépipède rectangle intitulée Collection (1990). Enfin, si l'utilisation du langage est fondamentale dans son oeuvre, son message ne s'est peut-être jamais mieux exprimé qu'au travers de sa pratique picturale de la série des Slogans (1999) peints sur les murs de lieux d'exposition, mais aussi Je veux une suite et pas une fin (2011), exécutée modestement au pochoir dans la rue de l'école des Beaux-Arts de Paris.
Le trouble — cette accumulation de niveaux de lecture ambivalents — restera déterminant dans l'oeuvre ultérieure de Philippe Cazal, faisant écho à la maxime de Marshal McLuhan « Le medium est le message ».
« Philippe Cazal inscrit son travail dans la complexité du réel. Ses procédures sont variées, il est « un artiste en tous genres » pour paraphraser Francis Picabia. Cazal interroge la position de l'artiste dans le jeu des hiérarchies sociales... » (Extrait d'un texte d'Élisabeth Couturier).
Ses oeuvres font partie des collections du Musée National d'Art Moderne/Centre Pompidou, Paris (France) ; MUba Eugène Leroy, Musée des beaux-arts, Tourcoing (France) ; Musée d'Art Moderne et Contemporain, Saint-Étienne (France) ; Porin Taidemuseo, Pori (Finlande) ; Collection Rolf Ricke, Kunstmuseum Liechtenstein, Vaduz (Liechtenstein) ; Kunst Museum, Saint-Gallen (Suisse) ; Museum für Moderne Kunst, Frankfurt am Main (Allemagne) ; CNAP-Centre national des arts plastiques, Paris (France) ; IAC-Institut d'art contemporain, Villeurbanne (France) ; Frac Alsace ; Frac Champagne-Ardenne ; Frac Corse ; Frac Languedoc-Roussillon ; Frac Bretagne ; Frac Grand Large - Hauts-de-France, Dunkerque et de nombreuses importantes collections privées.
Œuvres
Impression numérique sur papier Fine Art
35 x 30 cm
Diptyque, photographies contrecollées sur feuilles d'aluminium et lambourdes en aluminium
100 x 100 x 2,3 cm
Coffret en carton contenant 1 VHS vierge , 1 CD vierge, 1 K7 audio vierge, 1 Ektachrome, et une disquette vierge
25 x 34,5 x 9 cm
Journal quotidien Pravda de Moscou
45 x 30 cm
Impression sur bromure, collage diasec sur MDF
20 x 87 x 4 cm
Impression numérique sur papier Fine Art
32 x 40 cm
Adhésif ou peinture murale au pochoir
25 x 280 cm
Édition de 1
Œuvre en kit, métal peint en blanc, logo et textes sérigraphiés en noir
113 x 113 cm
6 pièces en tôle émaillée
50 X 50 cm chaque
Photographies n&b, plastification rigide, textes sérigraphiés en noir sur adhésifs rouge, bleu et vert
Image : 80 x 120 cm
Tableau à lettres amovibles, caoutchouc noir rainuré, cadre aluminium, lettrage plastique blanc
33,5 x 24,5 x 2,5 cm