Bernard Bazile
3615 

Bernard Bazile


Exposition du 19 novembre 2019 au 18 janvier 2020
Vernissage le 16 novembre 2019 de 17h à 20h 
Dossier de presse

Depuis la fin des années 1970, Bernard Bazile entreprend une observation du réel et de l’histoire, à travers la photographie, la vidéo, la sculpture, la performance ou l’installation.

Il considère comme matériau, aussi bien les œuvres comme celles de François Boucher ou de Mel Ramos, que le mobilier urbain tels les kiosques à oranges tenus par des demandeurs d'emploi, les enseignes-néons, les peintures-panoramiques dans les cafés, les restaurants et les cabarets...

Il pointe, rend visible et perceptible l’état de cet espace public et du paysage visuel dans lequel la publicité conditionne l’individu. Il nous donne ainsi à voir à la fois ce que nous sommes obligés de regarder, mais également ce qui nous regarde et nous observe. 

Bazile note nos comportements tel un guetteur vigilant face aux multiples facettes du pouvoir et de sa représentation. 

Dans les années 1980 et 1990, le minitel a été développé par le ministère des Postes et Télécommunications et utilisé en France avant d'être supplanté par Internet. Ce service semblable à nos messageries instantanées marque les esprits en particulier grâce à son secteur adulte, dit minitel rose, accessible via l’indicatif 3615. Ce service virtuel, payant, anonyme et sans échange de photographies, doit pour attirer des clients, investir l’espace « réel ». Fleurissent alors dans l’espace public de grands panneaux publicitaires mettant en scène les femmes supposées répondre aux utilisateurs du téléphone rose.

Bazile photographie alors ces affiches publicitaires du 3615 et rassemble ces images dans de petits carnets à spirale et quadrillés. Le format modeste des carnets souligne le contraste entre l’intime des photos érotiques, découpées, consignées puis collées dans ces calepins et l’usage public de ces photographies telles qu’elles étaient alors exposées sur les grands écrans publicitaires des sociétés Dauphin, Giraudy ou JCDecaux, entre autres.

Parallèlement, Bernard Bazile s’intéresse également à la manière dont le public interagit avec les publicités. À défaut d’être en contact avec les femmes qui y apparaissent, graffitis et messages sont autant de tentatives de communication vouées à l’échec. L'exposition présentera notamment une séries de photographies tirées pour l'occasion, d'une maison recouverte d'affiches du minitel rose et d'un graffiti disant à NANA77 : "je t'aime". Bazile tourne autour du motif pour en appréhender toutes les faces, comme s'il contemplait une sculpture.

La collection d’images du 3615 de Bazile nous laisse entrevoir un désir érotique exposé au grand jour, traité au même niveau que beaucoup de produits de consommation courants. Il est intéressant de se pencher sur ce phénomène, inimaginable à notre époque si sensible à la réification des corps féminins. Nos relations virtuelles conservent certes cette tendance à la consommation, notamment à travers les sites de rencontre ou pornographiques, mais cela reste privé. La dimension publique de cette collection remet donc en cause nos idées reçues sur la supposée décomplexion du vingt-et-unième siècle.

Trois carnets du 3615 de Bernard Bazile sont produits par mfc-michèle didier et présentés à l‘exposition. Les images contenues dans ces carnets, réalisées lors des pérégrinations de l'artiste au travers du territoire, sont extraites de l'ensemble du 3615.

Bernard Bazile

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