Wunderkammer Café

Exposition du 5 septembre au 14 novembre 2020
Preview le jeudi 3 septembre de 18h à 21h
Vernissage le vendredi 4 septembre de 16h à 20h

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« Le livre d’artiste n’est pas un livre d’art. Le livre d’artiste n’est pas un livre sur l’art. Le livre d’artiste est une œuvre d’art .1 »

A l’occasion de la rentrée 2020, le temps d’une exposition et à l’occasion de la dixième année de la galerie, Michèle Didier présente la quasi-intégralité des éditions réalisées par sa maison d’édition depuis 1987.
Rassemblant une large part de ses œuvres publiées, la galerie devient un espace de consultation, dans une scénographie quasi-domestique, à l’intersection du café, de la salle de lecture et du fameux Wunderkammer « Cabinet de Curiosité ».

En 1987, la maison d’édition « Les Maîtres de Forme Contemporains » aujourd’hui connue sous le nom mfc-michèle didier2 est créée à Bruxelles. En 2011, la galerie ouvre à Paris.
Essentiellement dédiée à la production d’œuvres sur papier, de multiples et de livre d’artistes, mfc-michèle didier mène une réflexion sur la collection et la production d’œuvres multipliées dans l’art contemporain, de même que sur une forme d’art conceptuel dans lequel nombre de ses artistes collaborateurs s’inscrivent.

Si le cabinet de curiosité est généralement dévolu à la monstration d'objets uniques ou rares et la salle de lecture généralement réservée aux incunables et à la consultation des archives, l'exposition, elle, ne rassemble quasi exclusivement3 que des œuvres éditées et des multiples, contournant a priori sur le principe le caractère de rareté des œuvres uniques. Mais le livre d'artiste a ceci de particulier qu'il n'est pas, à l'instar du print, qu'une simple reproduction de l'œuvre mais bien une œuvre véritable, originale et multipliée, qui conserve son "aura" malgré sa duplication.

Cet "ouvrage", au sens littéral du terme, associe directement l'artiste et son éditeur dans le processus de création et chaque nouvelle parution peut s’apparenter dans un sens à une forme de prodige/merveille, qui au fil du temps constitue l'Oeuvre et le catalogue de la Maison d'édition.

Le livre d’artiste est un médium qui nécessite du temps dans son appréhension. Il ne s’agit pas d’un objet dont la perception intégrale est immédiate. Il nécessite une rencontre, une manipulation et met généralement en place une logique interne complexe. Les œuvres éditées ont leur propre temporalité. Certaines œuvres sont longues à parcourir et d’autres plus complexes quant à leur nature ou aux protocoles mis en œuvre. Par exemple, La Trilogie d’On Kawara comprend près de 14000 pages, One Billion Color Dots de Robert Barry est composée de 25 volumes et Double Bind de Leigh Ledare est un ensemble qui comprend 3 volumes, dix tirages photographiques et une lettre fac-similée.

Dans le cadre de l’exposition, la galerie est envisagée comme un espace en dehors du temps, avec son propre rythme, permettant la consultation de ces "mirabilia", ces choses admirables  et étonnantes, qui sont généralement présentées sous vitrine et non accessibles au public.  

Le dispositif de l'exposition permet de laisser libre court à sa curiosité et d'accorder du temps à chaque œuvre. La nature de l'objet d'art impliquant un mouvement permanent entre le désir de connaître (libido sciendi) et désir érotique (libido sentiendi), est aussi important dans le cadre des livres d'artistes et que pour les œuvres à caractère anthologique.

Intitulée Wunderkammer Café, l'exposition sera aussi ponctuée de temps de rencontres et de discussions autour des artistes et des œuvres, l’idée étant à la fois de prendre du temps pour nous retrouver, mais aussi de continuer à utiliser la galerie comme un espace de réflexion et de rencontre, et non pas exclusivement comme un espace dévolu à la monstration et au commerce.

1. Guy Schraenen, Le livre d’artiste dans l’art contemporain, « D’une Œuvre L’autre », Morlanwelz, Musée Royal de Mariemont, 1996 p.7-8
2. «J’ai choisi ce nom en référence à un terme issu du Bauhaus. Il y avait alors ce que l’on appelait les « maîtres de forme », comme Oskar Schlemmer et les « maîtres de couleur » comme Wassily Kandinsky." Michèle Didier
3. Quelques œuvres uniques ont été produites comme par exemples celles issues de la collaboration exceptionnelle entre Claude Rutault et Allan McCollum à l'occasion de l'exposition chez mfc-michèle didier en 2015.