récits / écrits
Avec: Martine Aballéa, Eleanor Antin, Ida Applebroog, Barbara Bloom, Mirtha Dermisache, Marianne Mispelaëre, Martha Rosler, Carolee Schneemann, Athena Tacha, Martha Wilson
Sous le commissariat de Didier Mathieu

 

récits / écrits

Martha Wilson, Autobiography, Chicago Books, Chicago, 1979

Exposition du 24 janvier au 22 avril 2017
Vernissage le 23 janvier 2017 de 18h à 21h


Dossier de presse

La présente exposition réunit une quarantaine de publications de dix artistes qui ont recours à l’écriture. Les unes et les autres partagent d’autres points communs: la pratique de la performance, du film, de la vidéo ou de l’installation.
Les récits et les écrits dont il est question  écrits au sens d’écriture, de texte, d’œuvre ou de publication et récits au sens d’histoire, de mémoires, de roman ou encore d’exposition  ont quasiment tous à voir avec l’autobiographie.
Vous trouverez ci-dessous quelques repères des dix artistes en question.

P.S: on notera, même si c'est anecdotique, que « écrit » est l’anagramme de « récit ».


Didier Mathieu

 

Martine Aballéa
Dans son œuvre, Martine Aballéa (New York, 1950) donne à l’écriture une large et singulière place. Le texte,  des titres, des slogans, des histoires brèves  peuple bien sûr livres et autres imprimés mais aussi contamine objets et tirages argentiques colorisés ou sérigraphiés. Il arrive, comme dans la suite de photographies Intrigues végétales (2004), que seuls quelques mots empruntés au monde de la littérature: « feuilleton », « épisode », « épilogue », et associés aux images, forment un elliptique récit.

Eleanor Antin
La plus connue des publications d’Eleanor Antin (New York, 1935) est sans doute le roman visuel 100 Boots.
Dans Being Antinova paru en 1983, elle adopte une autre forme de récit: le journal. Journal d’un séjour d’une quinzaine de jours en octobre 1980 à New York d’Eleanora Antinova, danseuse et chorégraphe noire ayant travaillé pour les Ballets Russes de Diaghilev. Le personnage d’Antinova apparait dans l’œuvre d’Eleanore Antin pendant une dizaine d’années entre 1979 et 1989, la première fois dans une exposition et une performance titrées Before the Revolution à la fois à la galerie Ronald Feldman et au Kitchen Center for Video and Music à New York.

Ida Applebroog
Ida Applebroog (New York, 1929) a publié elle-même trois séries de livrets: une première titrée Galileo Works en 1977 (10 livrets), une deuxième titrée Dyspepsia Works en 1979 (11 livrets) et, en 1981, une troisième titrée Blue Books (7 livrets). C’est cette dernière qui est présentée dans l’exposition. Chaque livret, de 24 pages, couverture comprise, porte un titre laconique (It’s very simple, I can’t, Stop crying, ou simplement A Performance), que l’on trouve indifféremment en première ou en dernière page, suivi ou précédé d’une sorte de sous-titre: « A Performance ». On peut traduire «performance» par « représentation » ou « séance » et, familièrement, par « des histoires ». Ces minces publications imprimées en une seule couleur (en bleu s’agissant de cette série) sont construites selon un schéma similaire. Dans toutes, un dessin (ou deux parfois), de format carré, occupant presque la totalité de la page, est répété de page en page.

Barbara Bloom
Les livres de Barbara Bloom (Los Angeles, 1951), qui se qualifie elle-même de collectionneuse (c’est à ce titre qu’elle signe son exposition au Kunstverein de Munich, en 1990) sont des œuvres sophistiquées, des agencements  en quelque sorte des «collages». Je dirais volontiers d’elle qu’elle est une bibliographe érudite. Les livres font parfaitement écho aux œuvres dans lesquelles elle amalgame objets créés et objets trouvés. Et le livre est le lieu parfait pour la citation.

Mirtha Dermisache
Dès 1970, l’œuvre discrète de Mirtha Dermisache (Buenos Aires, 1940 - 2012) a été publiée, diffusée et exposée en Amérique latine et en Europe, principalement par le Centro de Arte y Comunicación (CAyC), par Guy Schraenen à l’occasion des présentations de son Archive for Small Press and Communication dans plusieurs pays européens, par Ulises Carrión dans sa galerie Other books and so (Amsterdam) ou encore par Roberto Altmann au Malmö Konsthall. En 2009, certaines de ses œuvres on été montrées dans l’exposition « elles@centrepompidou ».

Marianne Mispelaëre
Silent Slogan de Marianne Mispelaëre (Bourgoin-Jallieu, 1988) est une suite de vingt-et-une cartes postales éditées par elle-même au printemps 2016. Au recto des cartes les photographies reproduites en noir et blanc montrent toute une gestuelle de bras et de mains. Au verso, une légende replace les images, collectées sur Internet, dans leur contexte.

Martha Rosler
Service: a trilogy on colonization, édité en 1978 par Printed Matter à New York contient trois textes rédigés à la première personne. Les textes de Service: a trilogy on colonization ont été initialement envoyés fragmentés sur des cartes postales, par courrier donc, en 1976 à un certain nombre de destinataires, potentiels lecteurs. Martha Rosler s’en explique dans un liminaire à l’édition de 1978.
Voici un livre en trois romans et une traduction. Dans leur forme originale, les romans ont été envoyés par la poste sous forme de séries de cartes postales, une carte après l’autre tous les cinq à sept jours. Le courrier est et n’est pas une forme de communication personnelle. Mais bienvenu ou non, pour ainsi dire il vous « arrive », et on doit composer avec dans le contexte où on le reçoit.

Carolee Schneemann
Les écrits – partitions de performances, textes tirés de son journal, et bien d’autres… sont une part considérable de l’œuvre de Carolee Schneemann (1939, Fox Chase - Pennsylvanie); part de l’œuvre disséminée, diffusée dès les années 1960, loin des réseaux institutionnels, à la marge, dans des revues et diverses publications collectives.
Avant d’être un livre publié par Beau Geste Press en 1972, Parts of a Body House est un texte qui paraît une première fois dans la revue Caterpillar éditée à New York par Clayton Eshleman (n° 3/4, 1968) puis dans Fantastic Architecture édité par Dick Higgins et Wolf Vostell en 1969.

Athena Tacha
Athena Tacha (Larissa - Grèce, 1936) dit de son travail qu’il va et vient entre deux pôles, d’une part la réalité et son travail de sculpteur, d’autre part le moi – la conscience, et ses travaux textuels. Elle voit dans ses œuvres photographiques et ses films le lien entre ces deux pôles. Etudiante, elle hésitait entre un devenir d’artiste visuel et un devenir d’écrivain.
Les œuvres imprimées montrées dans l’exposition  toutes éditées par l’artiste  datent pour la plupart des années 1972-75 et sont à la fois photographiques et textuelles. Les deux brochures Heredity Study 1970-71 I et II, de même que ainsi que les planches pliées EXPRESSIONS 1 (A STUDY OF FACIAL MOTIONS) et GESTURES #1 A STUDY OF FINGERS POSITIONS (REDUCED VERSION) font partie des œuvres photographiques dans lesquelles le corps est langage.

Martha Wilson
On a vu comment, chez Carolee Schneemann et chez Eleanor Antin, écriture et performance ont partie liée.
Les trois textes publiés sous forme de brochures par Martha Wilson (Philadelphie, 1947) sous le titre de THE ARNOTATED ALICE en 1976 ont fait l’objet de performances à Artists Space et au Whitney Museum à New York. Martha Wilson réécrit ici Alice au pays des Merveilles de Lewis Carroll.
Dans un courrier récent, Martha Wilson me précise: As an ex-English Lit major, I considered the text to be of fundamental importance, and performed these texts when given the opportunity.

 

récits / écrits

Martine Aballéa, Geographic despair, édité par l'artiste, 1977

 

récits / écrits

Martha Rosler, Service : a trilogy on colonization, New York, 1978

 

récits / écrits

Ida Applebroog, I can’t – A Performance / Blue Books, New York, 1981



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