Anarchive
Affinités / Diversités

 

Anarchive

 

Du vendredi 13 mars au samedi 11 avril 2015
Dossier de presse
E-SHOP - Commander les éditions d'Anarchive en ligne

 

Commencée en 1994, à l’initiative d’Anne-Marie Duguet, Anarchive est une collection de projets multi-médias interactifs consacrée à l’art contemporain — la première sans doute dans ce domaine — qui invite à explorer l'ensemble de l’œuvre d’un artiste à partir d'une vaste base de données numérique. 

Favoriser la connaissance et constituer la mémoire d'une part essentielle des pratiques artistiques contemporaines: installations, actions, vidéos, performances, interventions dans l'espace public, stimuler une approche critique et expérimentale des technologies actuelles, telle est la double orientation de cette collection. 

Alors que l’archive est devenue une question clé pour l’existence et l’expérience des œuvres, sous l’effet tant des transformations formelles et conceptuelles des pratiques artistiques que des mutations technologiques, anarchive défend depuis vingt ans une approche originale de cet enjeu, en collaboration étroite avec les artistes. Chaque titre est une création singulière sous la direction de l’artiste,  assisté d’une équipe d’historiens de l’art, programmeurs, vidéastes, graphistes. 

3 évènements se sont articulés à l'occasion de cet anniversaire:

La soirée Parole aux artistes d'Anarchive
le 11 mars 2015
au Centre Pompidou Cinéma 1, Paris

« Parole aux artistes d’Anarchive » avec la participation de Muntadas, Michael Snow, Fujiko Nakaya, Masaki Fujihata et Peter Campus. Thierry Kuntzel, Jean Otth et Nam June Paiik seront aussi présents d’une autre manière. Les artistes s’exprimeront sur leur expérience d’Anarchive et la question de l’archive, puis présenteront une de leurs réalisations ou un aspect de leur travail (carte blanche). Responsabilité et présentation de la soirée: David Zerbib, philosophe et critique d’art. professeur à la HEAD de Genève et à l’Ecole supérieure d’art d’Annecy.

 

Le vernissage de l'exposition Anarchive, Affinités / Diversités 
le 12 mars 2015 (exposition jusqu'au 11 avril 2015)
à la galerie mfc-michèle didier, Paris 

Les titres de la collection Anarchive publiés et les prototypes pourront être consultés dans leur version originale et/ou les diverses adaptations actuelles pour Internet ou pour tablettes. Une œuvre de chaque artiste (installation, vidéo, lithographie, installation avec réalité augmentée, et autres) sera exposée afin de montrer à la fois des affinités et la diversité des approches et attitudes d’artistes qui ont profondément influencé l’art actuel. Tous les artistes sont des pionniers dans le domaine du film expérimental, de la vidéo ou des technologies et tous convoquent plusieurs médias dans leurs œuvres. Commissariat de l’exposition: Anne-Marie Duguet et Michèle Didier

 

Le colloque Mettre à jour encore et encore 
le 13 mars 2015
au Centre Pompidou Cinéma 2, Paris

Colloque avec la participation des collaborateurs d’Anarchive. Avec maintenant quelques décennies de recul, l’archive numérique engage une nouvelle conscience du risque de la disparition des données et de la perte du document. Faut-il s’en accommoder ou trouver des parades et actualiser sans cesse? Anticiper les effets de l’obsolescence des systèmes, des formats et des supports? Faut-il dans le champ éditorial privilégier la « restitution »? Les titres des éditions Anarchive nous donnent une occasion unique d’en débattre, avec les acteurs mêmes de leur conception et de leur réalisation. Responsabilité du colloque et présentation / modération: Gilles Rouffineau, chercheur, professeur à l’ESAD Grenoble-Valence

 

Exposition Anarchive, Affinités / Diversités


Les artistes de la collection anarchive comptent parmi les plus importants dans l’art actuel. Tous sont des pionniers qui ont exploré différents médias et tout particulièrement la vidéo, le film, ou autres technologies accessibles à un moment donné de leur activité de création, pour certains depuis les années 60 et 70. Cela signifie qu’ils ont un ensemble d’œuvres et de documents parfois considérables à examiner et dont la description est une question particulièrement intéressante. Le choix de ces monographies numériques résulte avant tout d’une conviction simple, celle d’être face à des œuvres radicales, solitaires ou non, discrètes ou bien connues, dont il est devenu urgent de constituer la mémoire.

Toutes se définissent par leur caractère expérimental et manifestent des conceptions de l’art où le temps est une composante fondamentale, où l’emportent le processus et l’attention au contexte, où la perception est un enjeu et la connaissance une exigence, où l’activité critique s’exerce souvent à travers des formes d’humour subtiles.

Exposer une œuvre de chaque artiste de la collection (installation vidéo, lithographie, vidéo numérique haute définition, installation avec Réalité Augmentée, sculpture de brouillard, photos) vise à montrer, au delà d’amitiés et d’un respect mutuel, des affinités et non des ressemblances superficielles, des préoccupations communes et des sensibilités proches qui témoignent des enjeux la création artistique d’une époque. 

A.M. Duguet

 

Consultation des titres d'Anarchive


Il est devenu difficile, voire impossible, de jouer aujourd’hui la plupart des projets multimédias réalisés dans les années 90 et même certains plus récents. L’aventure éditoriale d’Anarchive est confrontée, elle aussi, à cette obsolescence rapide des matériels et des systèmes. Ce sera ici l’occasion d’explorer pendant 4 semaines les différents titres qui sont publiés, ainsi que les prototypes en cours, et de prendre la mesure du caractère de recherche et de création de l’ensemble de la collection.

 

Masaki Fujihata

 

Masaki Fujihata
Voices of Aliveness
2012-2015, installation avec Réalité Augmentée

Ce projet, à l’initiative de l’Ecole des Beaux-Arts de Nantes, est conçu comme un méta-monument où sont rassemblées des séquences vidéo enregistrées par une caméra dotée d’un GPS. Des personnes crient tout en effectuant un parcours circulaire à vélo de 500m environ dans la campagne. Les traces de ces parcours sont visualisées par des lignes qui forment une tour dans l’espace virtuel où elle peut continuer à s’élever indéfiniment. Sur ces lignes, dans un ordre qui relève d’une composition musicale, et non plus de la succession des prises de vue, des écrans vidéo mobiles simultanés affichent l’image des performances. Dans cette version avec Réalité Augmentée, cette tour de cris (ou tunnel selon le point de visualisation adopté) se superpose à l’image de l’espace physique où les captations ont eu lieu. En lisant cette image avec la caméra d’un iPad, l’architecture virtuelle fait surgir une réalité définie par un autre espace-temps.

 

Peter Campus

 

Peter Campus
offshore
2013, vidéo numérique haute définition, dimensions variables, 26 min, édition limitée à 5 exemplaires

Cette vidéo fait partie d’une série commencée en 2008. Campus filme souvent les rivages aux alentours de Shinnecock Bay tout à l’est de Long Island. Dans la série des « dredgers » il s’intéresse à la présence de l’exploitation industrielle (machines, dragueurs, cargos) dans l’environnement naturel, mais c’est avant tout une expérience sur la lumière et la couleur qu’il propose, et finalement sur le temps, la perception visuelle, la subjectivité et les modalités de la connaissance, des questions qui sous-tendent l’ensemble de son œuvre. Le traitement de l’image n’est pas une simple pixellisation ou sa transformation par un calcul algorithmique, mais un travail quasi « artisanal » au niveau des pixels dont certains sont agrandis, saturés de couleur, avec des interventions sur de multiples couches numériques qui nient la perspective et se tissent dans l’épaisseur de l’image. Il en résulte une tension saisissante entre abstraction et identification de la scène, filmée en plan fixe et sans montage.

 

Muntadas Tunnel

 

Muntadas
Tunnel
1994-2013, vidéo projection

Cette œuvre faisait partie de l’installation Ici / Maintenant présentée à Calais en 1994 au moment où l’industrie de la dentelle était touchée par une crise grave. Elle a été tournée par l’artiste avant l’inauguration du tunnel sous la Manche. Métaphore de ce passage « à vide », sans débouchés, de l’industrie locale, ce parcours sans fin, oppressif, concrétise paradoxalement une ouverture, la facilitation des échanges entre deux pays la France et l’Angleterre, dont les relations ont été conflictuelles pendant des siècles. Ce lieu sous-marin construit telle une frontière interminable, se livre comme une question nourrie d’autant d’histoires politiques, sociales et culturelles.

 

Nam June Paik

 

Nam June Paik
Sans titre
1991, lithographie offset couleur, 75,5 x 102,5 cm, coll. Peter Wenzel

Cette œuvre est un exemple des séries de gravures et dessins où Paik reprend la forme d’un écran de télévision, la mire de réglage des couleurs, pour y inscrire toutes sortes de signes, écritures, notes de musique, tout petits graphismes simplifiés, de télévisions, de corps, d’instruments, d’avions. Un média nouveau, la vidéo, est réinterprété par des techniques anciennes, la gravure, le dessin. Ici la mire de télévision est basculée à l’oblique et reproduite comme autant d’images d’une pellicule de film, en défilement.

 

Jean Otth

 

Jean Otth
Héraclite au Parc Bourget 09f
2009, installation vidéo

Occulter l’image pour que le regard s’excite autour, saisi par le mouvement électronique. Le travail d’oblitération de l’image et le rejet de sa partie visible aux limites de ce qui la cadre, est un principe que l’on retrouve dans toute une série d’œuvres de Jean Otth, partagé entre la représentation et son interdit.

« Miroir actif, la matière de la vidéo comme support est introuvable, et fragile, mais comme une étoile, elle produit des photons et une certaine énergie ». (J.O.)

 

Fujiko Nakaya

 

Fujiko Nakaya
Earth Talk Fog Sculpture #94768Sydney Biennale, 1976, photographies: Elizabeth Burns
Foggy Forest Fog Environment #47660 Showa Kinen Park, Tachikawa, Tokyo, 1992

Fujiko Nakaya est la pionnière des sculptures de brouillard à base d’eau pure dont elle a inventé le procédé avec l’ingénieur Thomas Mee en 1969 pour le Pavillon Pepsi (Exposition Internationale d’Osaka, 1970). Depuis elle a réalisé plus de soixante œuvres de brouillard pour des espaces publics, essentiellement dans des parcs, des forêts, sur des places, en relation avec des architectures. 

 

Thierry Kuntzel

 

Thierry Kuntzel
Title TK installation
2015, création

Cette version en installation du DVD-ROM Anarchive avait été étudiée avec l’artiste au moment d’achever le projet pour la publication. L’idée était celle d’une vitre tactile interactive placée devant un écran de projection, et sur laquelle le visiteur vient dégager des images de la matière électronique. C’est ainsi que l’on procède pour parcourir les six cheminements composés d’extraits vidéo dans le DVD-ROM, en maintenant le curseur sur l’image si l’on s’y intéresse, ou si on la quitte, en saisissant la trace d’une autre image jusqu’à la faire apparaître pleinement. Un principe de découverte qui invite et à expérimenter un dispositif à la fois optique et tactile qui donne forme à cet écart entre les images, à l’intérieur même de l’image, si important pour l’artiste. Programmation et design : Andreas Kratky

 

Michael Snow

 

Michael Snow
Snow (de, à, pour) Thierry
2007 (images tournées en janvier 2002 et octobre 2004), 9:40, min muet

Cette œuvre dédiée à Thierry Kuntzel décédé en 2007, a été réalisée avec des images tournées en janvier 2002. Thierry Kuntzel avait une grande admiration pour Michael Snow. Quelques unes de ses notes sur le cinéma et l’image lui sont consacrées. Cette neige de M. Snow nous renvoie certes à celle de la vidéo, c’est aussi celle qui a enseveli le corps de Robert Walser auquel Thierry Kuntzel a consacré un ‘tombeau’ Retour dans la neige (2000). Nous regardons tomber la neige par la fenêtre. La durée et les événements infimes que celle-ci donne à voir, le cadre qui structure l’image, la concentration du regard sur une partie de la scène, ce sont autant de principes à l’œuvre dans les films de Michael Snow. En deux zooms avant, la caméra se rapproche du montant central vertical qui tranche l’espace en deux. La fixité de cet élément, sa violence centrale, fait d‘autant mieux saisir les légers mouvements du vent sur les branches qui se chargent de neige. Et au moment où le cadre s’impose dans toute sa matérialité, et sa netteté, l’extérieur s‘anéantit dans le blanc, renvoyé au silence.

 

Vues d'exposition

 

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