Allen Ruppersberg
The novel that writes itself et El Segundo Record Club

 

Allen Ruppersberg, The Novel that Writes itself

Exposition du 12 septembre au 31 octobre 2014
Vernissage le 11 septembre 2014 de 18h à 21h en présence de l'artiste


Dossier de presse

The Novel That Writes Itself

Tout commence par la fin d’une histoire, celle de la Colby Poster Printing Company qui ferme définitivement ses portes en décembre 2012 entraînant avec elle la disparition d’une identité graphique culte. Un poster de chez Colby est identifiable entre tous et estampillé « from L.A. ». Affiches multicolores aux dégradés improbables de couleurs fluos typiquement californiennes — du jaune pour le soleil ou la plage, du vert pour la végétation luxuriante de cet eden West Coast, du bleu pour l’océan, du rouge ou du rose pour toutes les autres merveilles de ce territoire paradisiaque — les Colby, avec leurs textes aux lettres graissées à outrance, ne respectent aucune règle typographique. Ces dernières sont maltraitées peut-être par méconnaissance, volontairement c’est fort possible ; dans ces deux cas de figure ne pas suivre les règles de l’Est est en soit une règle à l’Ouest.

« Les posters Colby étaient le summum du design graphique « ready-mades » et je pense que Marcel Duchamp acquiescerait. »[1] clame Julia Luke du Hammer Museum.

L’imprimerie Colby était sollicitée par les particuliers ou les professionnels de Los Angeles pour la production de leurs communications: kermesses d’écoles, concerts, meetings politiques, affiches de films, spectacles ou services en tous genres. Les posters venaient prendre place ensuite sur les pylônes électriques en bois si caractéristiques de la ville, véritables marques identitaires du paysage urbain de Los Angeles. De nombreux artistes et personnalités ont également fait appel à cette esthétique bien particulière: Elvis Presley, Martin Luther King, Ed Ruscha ou Eve Fowler. Allen Ruppersberg fut l’un de leurs clients les plus fidèles et assidus.

 

Allen Ruppersberg, The Novel That Writes Itself       Allen Ruppersberg, The Novel That Writes Itself       Allen Ruppersberg, The Novel That Writes Itself        Allen Ruppersberg, The Novel That Writes Itself       Allen Ruppersberg, The Novel That Writes Itself       Allen Ruppersberg, The Novel That Writes Itself

 

Du livre aux posters, des posters au classeur

Tout commence également en 1978, lorsqu’Allen Ruppersberg pense une œuvre en devenir qu’il intitulerait The Novel That Writes Itself et qui prendrait la forme d’une autobiographie romancée racontant donc les aventures du jeune artiste qu’il est à cette époque. Les personnages principaux l’accompagnant dans ce roman seraient des amis de l’artiste (Ed Ruscha), son galeriste (Rosamund Felsen), des collectionneurs (Elyse and Stanley Grinstein) et ces derniers achèteraient leur présence dans l’histoire pour 300 dollars. Allen Ruppersberg prévoit aussi la possibilité de devenir personnage mineur pour 100 dollars ou simple figurant pour 50 dollars. Une décennie passe, Allen Ruppersberg ne parvient pas à concrétiser ce travail, il lui manque des éléments.

En parallèle, il commence la production d’aphorismes ou de questions énigmatiques — THERE IS JUST / A MOMENT / WHEN THINGS CEASE, HOW I MISS THE AVANT-GARDE — imprimés sur des posters multicolores. Ces posters, les fameux Colby, apparaissent dans ses expositions au milieu des années 1980. Il s’aperçoit en 1990 qu’en réalité « the novel had written itself » sans qu’il ne s’en aperçoive. À ce moment-là cinquante posters étaient déjà produits. The Novel That Writes Itself se matérialise ainsi par les Colby Posters à travers lesquels il fait évoluer les personnages de son autobiographie mais également une multitude de ses projets tels que Honey, I rearranged the collection ou encore The Singing Posters, l’interprétation phonétique du poème Howl d’Allen Ginsberg.

Les pages de The Novel That Writes Itself, une œuvre dont la nature romanesque induit par essence la forme du livre, se détachent une à une pour venir se poser sur les cimaises des galeries ou des musées. Ce roman d’Allen Ruppersberg revêt, dans sa forme provisoire, celle d’une installation renouvelée et augmentée à chaque nouvelle présentation. À l’instar d’El Lissitzky, Allen Ruppersberg détourne la structure du livre traditionnel en faisant de ces pages des affiches. Jan Tumlir[2] rapporte dans son texte introduisant The Novel That Writes Itself les propos suivants d’El Lissitzky: « Le livre traditionnel a été disloqué en feuilles volantes, agrandies au centuple, colorées pour une plus grande intensité et affichées dans la rue... ». Le dessein de l’artiste n'est autre que celui du célèbre typographe mais leurs intentions se rejoignent.

The Novel That Writes Itself achève son écriture en 2013 avec la fermeture de la Colby Company. Le temps est venu, peut-être, de retrouver le format classique du roman. Cependant, Allen Ruppersberg fait le choix d’apporter à la forme contrainte du livre l’autonomie de l’affiche, le classeur dont les feuilles conserveront la nature volante des posters initiaux s’impose à lui.

The Novel That Writes Itself se construit telle une histoire en cadavre exquis, mêlant pêle-mêle des posters issus de l’imprimerie Colby collectés par l’artiste, des vues des installations de The Novel That Writes Itself et, bien entendu, les propres Colby Posters d’Allen Ruppersberg. Il conçoit le livre d’artiste comme une sculpture participative, il avait conçu son premier roman Greetings from L.A. dans un esprit similaire en 1972. The Novel That Writes Itself lui a pris davantage de temps (1978 - 2014) mais l’écriture de l’œuvre imposait par essence à Allen Ruppersberg d’expérimenter sa vie d’artiste, ce qu’il n’a pas manqué de faire.

[1] Julia Luke, Senior Designer Hammer Museum, in Printing the Identity of Los Angeles, un texte de Chad Kouri, 2013, http://www.mascontext.com/
[2] Jan Tumlir, The Torn-Apart Book, texte publié dans The Novel That Writes Itself, 2014

 

Allen Ruppersberg, El Segundo Record Club     Allen Ruppersberg, El Segundo Record Club     Allen Ruppersberg, El Segundo Record Club

 

L’exposition à la galerie mfc-michèle didier

L’exposition se compose de deux parties: The Novel That Writes Itself et EL SEGUNDO RECORD CLUB

The Novel That Writes Itself est une nouvelle édition d’Allen Ruppersberg, la quatrième production de l’artiste publiée par mfc-michèle didier. Ont précédé à ce travail l’installation The New Five Foot Shelf en 2001, le livre The New Five Foot Shelf of Books en 2003 et Chapter VI en 2009.

The Novel That Writes Itself est l’ensemble achevé du roman en devenir initié en 1978 par l’artiste. Ce travail comprend, rassemblés dans un classeur de plus de dix centimètres d’épaisseur, le texte The Torn-Apart Book de Jan Tumlir, en introduction, puis une succession de 460 feuilles perforées et imprimées recto. Se succèdent, page après page, les posters produits par l’artiste à la Colby Poster Printing Company jusqu’à sa fermeture en 2013 et les images des posters produits par Colby que l’artiste a collectionné. Les vues des installations passées de The Novel That Writes Itself ponctuent la narration.

L’exposition, en offrant la possibilité de manipuler le classeur, objet imposant, permettra à chacun d’appréhender l’ampleur de l’œuvre-roman The Novel That Writes Itself. Cette dernière se voulant l’autobiographie, bien que romancée, d’Allen Ruppersberg, permet alors d’embrasser l’essentiel du travail réalisé par l’artiste depuis presque quarante années.

L'exposition The Novel That Writes Itself est aussi l'occasion de l’inauguration d’un tout nouveau magasin de disques imaginé par Allen Ruppersberg: El Segundo Record Club.

El Segundo Record Club s’inscrit dans la lignée du mythique Al’s cafe de 1969 et du Al’s Grand Hotel de 1971, ces deux projets réalisés par Allen Ruppersberg consistaient respectivement en de véritables café et hôtel au fonctionnement original régi par des règles définies par l’artiste lui-même. Ces lieux se voyaient, le temps de quelques semaines, devenir aussi lieux de rassemblements, de fêtes ou de performances.

El Segundo Record Club est un magasin de disques vinyles et de posters également à expérimenter.

Allen Ruppersberg a construit le El Segundo Record Club selon un protocole précis. L'artiste a digitalisé une partie de sa collection personnelle de vinyles — des albums datant des années 1920 et jusqu'à 1955 pour les titres les plus récents — et les a fait graver sur des disques vierges vintages à l'aide d'un graveur de vinyles datant de la même époque.

Chaque titre sélectionné par Allen Ruppersberg est gravé sur plusieurs disques formant chacun une série — entre 10 et 20 copies. Chacun de ces vinyles est glissé dans une pochette unique qui n'est pas la pochette afférante à ce titre. Chaque jaquette, créée à partir d'une autre pochette de vinyle, est annotée par l'artiste, signée, datée et porte le tampon du El Segundo Record Club. De ce fait chaque objet est unique.

La particularité du magasin, selon les souhaits de l'artiste, est qu'il est possible d'acquérir les vinyles et les posters (les 15 posters sont illimités) uniquement à travers le site internet dédié à ce projet: www.elsegundorecordclub.com

Un ordinateur est mis à la disposition des visiteurs dans l'espace de l'exposition, mais il leur est loisible de passer commande où bon leur semblera.

Seule l'affiche-enseigne du El Segundo Record Club est à vendre directement à la galerie. Il s'agit d'une édition limitée à 10 exemplaires dont chacun est différent quant au choix des couleurs et de la composition.

 

Vues d'exposition:

Allen Ruppersberg, The Novel That Writes Itself

Allen Ruppersberg, The Novel That Writes Itself

Allen Ruppersberg, The Novel That Writes Itself

Allen Ruppersberg, The Novel That Writes Itself

Allen Ruppersberg, The Novel That Writes Itself

Allen Ruppersberg, The Novel That Writes Itself

Allen Ruppersberg, The Novel That Writes Itself

Allen Ruppersberg, The Novel That Writes Itself

Allen Ruppersberg, The Novel That Writes Itself

Allen Ruppersberg, The Novel That Writes Itself

Allen Ruppersberg, The Novel That Writes Itself